Samedi 19 avril 2014 6 19 /04 /Avr /2014 07:00

[Gallimard Jeunesse, 2014]

 

lemiroirbrise.jpg Me revoilà avec un titre de mon très cher Jonathan Coe, dont j’ai récemment apprécié le jouissif « Expo 58 ». Ce titre, paru en 2014, est le premier à être publié dans une collection dédiée à la jeunesse, bien que l’auteur estime qu’il s’adresse à tous les publics. Ma copinaute Quel Bookan, qui partage mon amour de Coe, me l’a gentiment prêté et je n’ai pas pu m’empêcher de l’ouvrir dans la semaine qui a suivi !

 

Résumé

 

Alors qu’elle s’introduit dans la décharge qui se trouve non loin de chez elle, la jeune Claire trouve un étrange fragment de miroir en forme d’étoile. Lorsqu’elle regarde dans ce miroir, elle entrevoit un monde plus beau. A-t-il sa volonté propre, ou est-il nourri de son imaginaire, de ses rêves d’un monde meilleur ?

 

Un conte moderne

 

L’auteur nous offre ici un véritable conte moderne. Au centre, un élément magique, le fragment de miroir. On y retrouve des « classiques » du conte, notamment des personnages de « méchants », et des épreuves traversées par Claire au fil des années. Et pourtant, le récit est fortement ancré dans notre réalité. Jonathan Coe en profite pour aborder certains problèmes sociaux de l’Angleterre (comme s’il pouvait s’en empêcher !) : la fermeture des services publics, notamment les hôpitaux et bibliothèques, la facilité avec laquelle certains perdent tout et se retrouvent dans la rue, la puissance des plus riches…

 

Une ambiance onirique

 

Une belle ambiance onirique imprègne tout le conte, renforcée par les illustrations de Chiara Coccorese, très colorées et légèrement surréalistes, que j’ai beaucoup appréciées. En effet, le rêve a toute sa place dans cette histoire, le rêve d’un monde meilleur. Le monde rêvé par Claire, d’abord extraordinaire et loufoque, évolue peu à peu alors qu’elle gagne en maturité. Ainsi, c’est un rêve collectif que nous propose Jonathan Coe, pour ramener un peu de douceur et d’humanité dans ce monde.

 

Les personnages

 

Claire est une jeune fille sympathique, que l’on prend plaisir à suivre et à voir évoluer. Elle est humaine, a le sens de la justice et sait parfois se remettre en question. Les autres personnages ne sont qu’effleurés mais, évidemment, on déteste très fort la vilaine Amanda !

 

L’écriture

 

L’écriture de Coe se fait ici un peu plus lisse, plus universelle, adaptée à un conte. On se laisse porter, il n’y a pas d’obstacle et les descriptions nous permettent de partager les visions de Claire.

 

En quelques mots…

 

Ainsi, avec ce court texte (110 pages), Jonathan Coe nous offre un beau conte moderne, emplid’onirisme et joliment illustré par Chiara Coccorese. Il pointe certains travers de notre société actuelle et nous invite à rêver d’un monde meilleur. Si vous avez envie d’une heure d’évasion et que vous avez gardé une âme d’enfant, je ne peux que vous le conseiller !

 

Note : 3,5/5

 

Stellabloggeuse

 

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« Le fragment tenu précautionneusement entre le pouce et l’index, elle remonta le talus tant bien que mal et trouva un coin pour s’asseoir. Elle posa l’objet à plat dans sa paume et le regarda de plus près. En se penchant, elle vit se refléter son propre visage, pâlot, avec ses taches de rousseur et son expression perplexe, puis derrière, le bleu du ciel qui lui sembla l’une des choses les plus belles qu’elle ait jamais vues. Elle se perdait dans les profondeurs du miroir, émerveillée par la richesse de cette couleur, dans un état de rêve éveillé, lorsqu’une ou deux gouttes tombèrent sur sa surface, et la ramenèrent à la réalité. »

 

 

« Au cours de ces deux ans, Claire eut le temps de s’habituer à ce que le miroir fasse partie de sa vie. Elle en arriva à croire qu’elle n’aurait jamais accès au monde qu’il lui faisait voir – ce monde tellement plus éclatant, plus coloré, plus magnifique que le sien. Elle était déçue, bien sûr, mais elle en acceptait maintenant l’idée. Que faire d’autre, d’ailleurs ? En attendant, elle s’estimait heureuse d’avoir le privilège et le plaisir – secret – de pouvoir y plonger les yeux quand bon lui semblait. Elle le rangeait, enveloppé avec soin d’un morceau de velours vert, dans le tiroir de sa table de chevet. »

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Mardi 15 avril 2014 2 15 /04 /Avr /2014 10:00

[Fleuve Noir, 2013]

 

purgatoire-innocents En début d’année, je découvrais Karine Giebel, dont je lisais beaucoup de bien depuis longtemps, avec « Juste une ombre » qui a été mon premier (et unique à ce jour) coup de cœur de 2014. Aussi, j’étais très curieuse de lire ce « Purgatoire des innocents » qui a récolté de nombreux avis élogieux.

 

Résumé

 

Cela commence par un braquage qui tourne mal. Raphaël, son jeune frère William, Fred et la redoutable Christel s’attaquent à une bijouterie de la place Vendôme. Mais on les attend à la sortie, des tirs sont échangés et le sang coule. Ils trouvent alors refuge chez Sandra, en pleine campagne, une vétérinaire en apparence docile qui accepte de soigner Will. Mais qui est-elle vraiment ? Au même moment, à plusieurs centaines de kilomètres de là, un prédateur sexuel s’apprête à frapper.

 

Une lecture un peu inégale

 

Il va être difficile d’évoquer ce titre sans en dire trop. Je commencerai en disant que j’ai beaucoup apprécié la première partie du roman qui met aux prises les braqueurs avec l’énigmatique Sandra. Ensuite, j’ai été très surprise et bluffée par la tournure des évènements. Mais une fois passée la moitié du livre, j’ai trouvé quelques longueurs, des scènes de torture trop répétitives à mon goût. L’action et le suspense reviennent dans les cent dernières pages mais, contrairement à « Juste une ombre », le final ne m’a rien offert de très surprenant.

 

Plusieurs facettes

 

C’est un roman à plusieurs dimensions. C’est bien sûr un thriller avec une tension omniprésente, un suspense bien présent même s’il s’évapore un peu trop vite à la fin. La violence est là, parfois contenue, souvent exprimée. Chez certains personnages, elle va jusqu’à la cruauté. Les scènes de violence et de torture sont livrées d’une manière très crue qui peut déplaire aux plus sensibles. Mais il y a aussi une dimension psychologique mise en avant grâce à des personnages complexe, dont l’auteure fouille la personnalité.

 

Les personnages

 

Une fois de plus, les personnages créés par Karine Giebel font la force du roman. J’ai particulièrement apprécié Raphaël, un truand « vieille école » qui a le sens de l’honneur et, finalement, un grand cœur. Quelqu’un qui a des pulsions de violence, mais qui les combat. Sandra est fascinante car très complexe, parfois on compatit, parfois on ne la comprend pas. Enfin, il y a dans ce roman un personnage particulièrement cruel, un méchant très convaincant et qui vous fera froid dans le dos, je vous laisse le découvrir.

 

L’écriture

 

J’aime beaucoup le style de Karine Giebel, qui m’a convaincue une nouvelle fois. J’aime ses phrases courtes et directes, sa simplicité. Elle parvient à bâtir des personnalités étayées et convaincantes, à nous plonger au cœur de leurs réflexions. Elle créé autour d’eux un véritable univers. Elle a également du talent pour décrire l’horreur, même si ce n’est pas forcément un plaisir à lire !

 

En quelques mots…

 

Ainsi, je n’ai pas eu de coup de cœur pour ce titre de Karine Giebel, à cause de quelques longueurs ressenties au milieu du roman, et un final pas assez surprenant à mon goût. Les scènes de torture sont nécessaires, mais trop nombreuses à mon goût, je reste une novice en thriller, à l’âme sensible. En revanche, j’admire les nombreuses idées qu’elle a trouvées pour alimenter son intrigue et je continue à apprécier son style. Mais il me semble que je la préfère dans sa dimension psychologique plutôt que dans des scènes plus crues.

 

Note : 3,5/5

Stellabloggeuse

 

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Ce roman fait partie des challenges :

 

New Pal 2014

Challenge New Pal 2014 : 18/20

 

big-challenge-2014


Big Challenge Livraddict 2014 : 4/5

 

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« Peu de gens peuvent comprendre. Ou beaucoup trop, malheureusement. Mais tout le monde peut juger. Ce que je suis devenue. Si facile de juger. Si difficile à comprendre. Ça ne fait pas seulement mal à en mourir. C’est bien pire. Ça vous ronge, lentement, de l’intérieur. Ça vous dévore, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une enveloppe vide et sèche. »

 

« Comment pourrait-elle savoir qu’elle n’est plus une simple enfant ayant l’avenir devant elle ? Plutôt un simple gibier entre les serres d’un chasseur affamé. Une proie qui va nourrir les instincts pervers d’un homme ayant oublié qu’il en était un. Comment pourrait-elle se doute qu’elle a déjà un pied dans la tombe ? »

 
  « D’un point de vue pénal, mieux vaut violer une femme que le coffre d’une banque. Prendre les armes pour prendre l’argent où il se trouve, voilà un crime impardonnable aux yeux de la justice… Vraiment aveugle, aucun doute. »

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Samedi 12 avril 2014 6 12 /04 /Avr /2014 07:00

[Sonatine, 2013]

 

ta-mort-sera-la-mienne.jpgComme promis lors de mon précédent billet sur son roman pour adolescents « Passeurs de mort », on termine cette semaine comme on l’a commencée, en compagnie de Fabrice Colin ! On change radicalement de genre puisque nous sommes ici en présence d’un thriller, qui est sans aucun doute le plus glaçant des deux policiers qu’il a publiés chez Sonatine. Par ailleurs, Bookenstock consacre en ce moment son « mois de » à cet auteur, allez y jeter un œil, Fabrice Colin répond aux questions des lecteurs au jour le jour, c’est très intéressant ! C’est par ici.

 

Résumé

 

Aux Etats-Unis, dans la vallée du Moab, des étudiants en écriture créative et leurs professeurs sont réunis dans un complexe hôtelier, à l’occasion d’un séminaire de littérature. Le séminaire n’aura jamais lieu puisqu’un motard vêtu de noir des pieds à la tête fait irruption sur les lieux et tire à vue. Troy n’a aucune pitié et ne s’arrêtera pas avant d’avoir trouvé la personne qu’il cherche. Karen, la conseillère d’éducation du groupe, persuadée de connaître le tueur, se réfugie dans son bungalow en compagnie d’une étudiante. Enfin, Donald, un vieux policier désabusé, se lance avec son équipe dans une course contre la montre.

 

Trois trajectoires…

 

J’ai beaucoup apprécié ce roman à trois voix. Nous avons en alternance des chapitres centrés sur Karen (à la 3e personne), sur Troy (à la 2e personne) et sur Donald (à la 1ère personne). Pour chacun d’entre eux, une évocation de leur passé se mêle au récit de la fusillade, et des connexions se dessinent entre eux. L’histoire de Karen est celle d’une femme qui a toujours voulu aider les autres, mais qui a cherché dans de mauvaises directions. Celle de Donald est dominée par un sentiment d’échec et de culpabilité, même s’il a trouvé un semblant de paix dans la sagesse indienne. Quant à Troy, son histoire est celle d’une enfance martyre, sur une île à l’abri des regards, dans les griffes d’une secte.

 

…une fusillade

 

Le lecteur découvre donc le passé des trois personnages, mais il est régulièrement et brutalement rappelé à la réalité de la fusillade, qui nous est livrée avec beaucoup de réalisme et des airs de fin du monde. Ames sensibles s’abstenir ! Nous en avons toutes les facettes : il y a d’une part ceux qui se cachent, qui essaient de s’échapper (et nous pauvres, lecteurs, ne pouvons-nous empêcher d’espérer avec eux), et d’autre part la quête du tireur, méticuleux, extraordinairement calme. En lisant ce roman, on ne peut s’empêcher de penser à la fusillade qui a eu lieu sur l’île d’Utoya en Norvège en 2011, et cette rencontre entre l’imaginaire et le réel fait froid dans le dos.

 

Les personnages

 

Etrangement (mais pas tant que ça finalement, au vu de la construction du roman), le personnage auquel je me suis le plus attachée, c’est celui du tireur. On ne peut qu’éprouver une forme de pitié envers cet homme qui a vécu l’horreur lorsqu’il était enfant, et en qui on a profondément ancré l’idée d’une fin du monde imminente. Malgré ses actes terribles, ses intentions sont pures. J’ai également éprouvé de la sympathie pour Donald, sa culpabilité et sa quête désespérée de paix. J’ai eu plus de mal avec Karen, qui s’est obstinée à ne rien comprendre et qui a cru pouvoir réparer ses erreurs sans vraiment se remettre en question.

 

L’écriture

 

Dans ce roman, je n’ai pas retrouvé le style habituel de Fabrice Colin. Ici, sa plume est plus directe, les phrases sont plus courtes. Il colle à l’état d’esprit de son tueur en gommant l’émotion, il y a une sorte de froideur qui participe à l’ambiance du roman. Il ne prend pas de gants pour décrire la fusillade ou les sévices qui ont cours au sein de la secte. Même si j’avoue le préférer plus aérien, cette écriture sert à merveille son roman et lui donne du rythme. En revanche, du côté de l’éditeur, pas mal de coquilles à signaler dans ce titre, c’est dommage.

 

En quelques mots…

 

Ainsi, c’est un thriller glaçant que nous propose ici Fabrice Colin, qui nous plonge à la fois au cœur d’une fusillade et dans l’engrenage d’une secte. Nous retrouvons, comme dans nombre de ses romans, l’idée d’une fin du monde imminente et de la nécessité de se préparer à la mort. Passé et présent se confondent et vous entraînent toujours plus loin sans vous laisser reprendre votre souffle. A lire si vous appréciez les thrillers et que vous n’êtes pas trop sensible !

Petite info subsidiaire, l'auteur nous promet pour 2015 un 3e policier pour clore sa "trilogie informelle" dédiée au Mal aux Etats-Unis (d'ailleurs, ici, on a de petits clins d'oeil à Blue Jay Way).

 

Note : 4/5

 

Stellabloggeuse

 

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« Ces derniers jours, tu n’écoutes plus qu’une seule chanson. Un hymne létal qui t’appelle à galvaniser ton âme. Les émotions sont néfastes. On te l’a répété des millions de fois et peut-être que, de toutes les choses qu’on a essayé de te faire entrer dans le crâne, celle-ci est la seule qui t’ait réellement aidé. »

 

« Tu as appris à transformer tes grimaces en sourires et tes poings serrés en mains tendues, à contrefaire le timbre sauvage de ta voix. La colère et la rage qui t’habitent depuis toujours ont atteint de telles proportions que seul un incendie plus ardent encore serait capable d’y répondre. »

 

 

« Sur ton CV officiel : mécanicien, agent de sécurité. La ligne manquante ? Fou errant, épris d’un monde prêt à flamber. »

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Mardi 8 avril 2014 2 08 /04 /Avr /2014 07:00

[Flammarion, 2014]

 

Passeurs-de-mort.jpgEn cette première moitié de l'année 2014, ma vie de lectrice fait actuellement la part belle à Fabrice Colin. Je vous ai proposé mon avis sur « Blue Jay Way » le mois dernier, et je prévois de lire encore deux titres d'ici la mi-mai. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il vient à la médiathèque où je travaille mi-mai pour une rencontre ado/adulte. Mais aussi parce que cet auteur s'affirme vraiment comme l'un de mes préférés et que si je veux venir un jour à bout de son incommensurable bibliographie (on peut rêver), il faut s'y mettre sérieusement. Voici donc mon avis sur son dernier roman jeunesse, « Passeurs de mort ».

 

Résumé 

 

Angel, 17 ans, surdouée et légèrement cinglée, est en passe d'entrer à l'université quand sa vie prend un tournant inattendu : son oncle Georges meurt et lui lègue une paire de lunettes bien étranges, qui lui permet de voir ce qu'il se passe lorsque quelqu'un meurt ! Bien décidée à percer ce mystère, la jeune fille mène l'enquête et rencontre une bien étrange famille...

 

Un roman palpitant

 

« Passeurs de mort » est un roman très bien mené, dépourvu de longueurs. Le lecteur se retrouve rapidement au cœur de l'action et ne s'ennuie pas un instant en suivant l'intrépide Angel. L'auteur parvient sans peine, comme souvent, à préserver le suspense jusqu'à la fin, même si des éléments de réponse nous sont livrés au fur et à mesure de l'intrigue. Comme à son habitude, il s’amuse à brouiller les frontières entre le réel et l’imaginaire. Ce titre est donc à la fois un roman fantastique évoquant la vie après la mort, et un roman d'aventures.

 

Affronter ses peurs

 

Ce roman aborde également le thème des peurs et notamment la première d'entre elles, celle de la mort. La préoccupation pour la mort et ce qui se passe après est un thème récurrent dans l'œuvre de l'auteur. Il n'apporte pas ici une vision particulièrement singulière de ce qui se passe au moment où l'on meurt, cela lui sert plutôt de base pour développer son aventure. Angel est quelqu'un de particulièrement angoissé, et cette aventure va l'aider à exorciser cela.

 

Les personnages

 

Angel est un personnage qui m'a bien plu. C'est une fonceuse et elle a de l'humour, y compris sur elle-même. Elle est aussi un peu folle (une figurine de L'Etrange Noël de Mr Jack est sa conscience), ce qui n'est pas pour me déplaire ! On pourrait croire qu'elle ne se préoccupe pas beaucoup des émotions des autres, mais il m'a semblé qu'elle avait plutôt du mal à s'ouvrir à eux et qu'elle se refusait à les impliquer dans ses états d'âme. Aussi, ces petits défauts qui pourraient faire d'elle un personnage énervant l'ont rendue touchante à mes yeux. C'est un personnage en quête d'elle-même, qui se cogne à la vie. Parmi les personnages secondaires, la famille Cooper est très intéressante, je n'en dirais pas plus pour préserver la surprise. Enfin, j'ai beaucoup aimé Nadir, c'est le genre de personnage qui pourrait être notre meilleur ami.

 

L'écriture

 

Voulez-vous que je vous dise encore une fois combien j'aime l'écriture de Fabrice Colin ? Eh bien oui, j'adore sa plume, sa « patte », j'irais jusqu'à dire que c'est mon auteur français contemporain  favori (du côté des morts, Barjavel reste sur son piédestal) pour ce qui est du style. Il m'arrive souvent de m'arrêter sur certaines phrases et de les lire plusieurs fois, juste pour le plaisir des mots. C'est à la fois beau et efficace. (Si vous pensez que j'en fais trop, sachez que j'en ferais sans doute encore plus dans mon prochain billet, car je suis en train de lire un autre de ses romans, Arcadia, et je me ré-ga-le).

 

En quelques mots...

 

Ainsi, « Passeurs de mort » est un roman fantastique et un roman d'aventures avec un personnage principal intrépide et un peu barré qui affronte ses peurs, et notamment celle de la mort. C'est un roman palpitant, bien mené et au style agréable. A lire à partir de 14 ans !

 

Note : 3,5/5

 

Stellabloggeuse

 

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« Cheryl, pauvre Cheryl. Personne, parmi tous les gens réunis ici, ne connaissait mieux oncle George. Elle a eu une liaison avec lui, il y a onze ans : une histoire brève et orageuse – l’autre nom de l’amour. Je ne garde que des souvenirs heureux de cette période, des images joyeuses. George et papa ne s’étaient pas encore fâchés à mort, alors, et je croyais au printemps éternel, j’ignorais qu’une famille pouvait se déchirer plus facilement qu’une feuille de papier avec plein de petits cœurs dessus. »

 

« Je hume l’air du large. Ce n’est pas vrai, ce que j’ai dit sur la nuit. L’été ici n’a rien de banal. « Juste un ciel piqueté d’étoiles », ça n’existe pas. Ce ciel, ce monde, c’est tout ce que nous avons. »

 

« L’Incarnation. Les pouvoirs. Soudain, vous êtes quelqu’un d’autre. Soudain, la réalité la plus abstraite au monde devient la vôtre. Vous n’êtes pas devenus la mort, non : vous êtes devenus ses serviteurs, ses hérauts anonymes. Et puis un jour, une petite fille frappe à votre porte et l’histoire s’achève. Vous avez la très désagréable sensation que quelque chose s’est servi de vous. »

 

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Samedi 5 avril 2014 6 05 /04 /Avr /2014 07:00

[PKJ, 2013]

 

wonder "Wonder" de RJ Palacio est un roman qui m'a fait envie dès sa sortie, envie sans cesse attisée par les avis élogieux de collègues et de copinautes. J'ai donc été ravie lorsque Stellade a choisi ce titre pour moi dans le cadre de notre challenge Livra'deux pour Pal'addict.

 

Résumé 

 

August est né avec une malformation faciale. Aujourd'hui âgé de dix ans, il se sent toutà fait normal, un garçon comme les autres. Mais le regard des autres le fait se sentir différents. A ceux qui le rencontrent pour la première fois, il évoque les termes « difforme », ou « monstre ». Entre pitié et méchanceté, on le regarde à la dérobée, on parle dans son dos. Pourtant, cette année, il fait face à un nouveau défi : lui qui n'a jamais été à l'école va faire son entrée au collège, en classe de sixième.

 

Un roman à plusieurs voix

 

« Wonder » est un roman choral, plusieurs points de vue sont développés et se complètent. Le plus souvent, c'est August qui s'exprime, mais nous avons aussi la vision de sa sœur Olivia, du petit copain et de l'ex meilleure amie de cette dernière, ou celle de Jack et Summer, des camarades rencontrés au collège. Aucun adulte ne s'exprime directement, nous explorons les ressentis des adolescents. Ces points de vue multiples apportent beaucoup. August nous fait vivre sa différence de l'intérieur, nous livre son analyse du comportement des autres. Jack, Justin et Summer nous permettent de comprendre comment réagissent ceux qui sont confrontés pour la première fois à la différence d'August. Quant à Olivia, elle nous renseigne sur le fonctionnement de la famille Pullman, sur la manière dont l'apparence d'August affecte leur vie à tous. L'ensemble est passionnant et c'est un livre qui se dévore !

 

De l'humour et des émotions

 

Ne soyez pas effrayés par le thème du roman, qui n'est en aucun cas pesant, ni déprimant. La différence d'August est abordée avec lucidité mais sans appitoiement. La plupart du temps, le ton est léger et il y a beaucoup d'humour. Cela n'empêhe pas l'émotion, et nos cœurs se serrent parfois devant la méchanceté de certains personnages. Mais c'est un livre très positif, qui donne du courage pour affronter la vie. Peut-être est-il justement un peu trop idyllique, on se dit que dans la « vraie vie » l'histoire d'August ne serait pas aussi belle. Mais cela ne fait pas de mal de rêver un peu à un monde meilleur.

 

Les personnages

 

August est très attachant, c'est un petit garçon intelligent et courageux, qui n'a même pas consience de ses qualités. On le voit s'affirmer au cours de ce roman, pour notre plus grand plaisir. J'ai été très touchée par sa grande sœur Olivia, qui aimerait parfois exister un peu plus en dehors de son petit frère qui prend beacoup de place dans la vie familiale. Elle l'aime, et se sent coupable dès lors qu'elle pense un peu à elle. J'ai eu envie de la protéger. J'ai également eu de la sympathie pour le directeur du collège, ou pour Jack, Summer et Justin. Ces adolescents ne sont pas parfaits, mais ils apprennent à voir au-delà des apparences.

 

L'écriture

 

Quand au style, il est agréable, la lecture est fluide. Le langage est simple, crédible pour des adolescents, sans être négligé pour autant. Il en ressort une impression de candeur et de spontanéité rafraîchissante. Ajoutez une bonne dose d'humour, et vous obtenez un roman qui se lit tout seul !

 

En quelques mots...

 

Ainsi, c'est un roman bien mené sur la différence que nous offre ici l'auteur, avec des points de vue intéressant et varié. L'humour est bien présent et l'émotion n'est jamais loin non plus. L'histoire est servie par des personnages très attachants et une écriture agréable. C'est un roman qui donne envie d'être généreux et d'aller vers l'autre, un roman qui fait du bien. A mettre dans toutes les mains à partir de 10/11 ans !

 

Note : 4,5/5

 

Stellabloggeuse

 

 

 

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Ce roman fait partie des challenges :

 

livradeux


Livra’deux pour Pal’addict 

Un livre choisi pour moi par Stellade qui a lu « A la vie à la mort » de Henri Courtade

 

New Pal 2014

Challenge New Pal 2014 : 17/20

 

big-challenge-2014


Big Challenge 2014 : 3/5

 

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« Si je trouvais une lampe magique et si un seul souhait m’était accordé, je demanderais un visage ordinaire que personne ne remarque jamais. J’aimerais pouvoir marcher dans la rue sans que tout le monde me regarde et puis détourne les yeux à toute vitesse. Voici mon idée : la seule raison pour laquelle je ne suis pas ordinaire, c’est que les autres me voient comme ça. »

 

« À force, la tête me tourne, puis d’autres pensées surgissent et m’apaisent, comme pour arranger les choses. Non, non, tout n’est pas la faute au hasard. Si c’était le cas, l’univers nous abandonnerait complètement. Alors qu’il prend soin de ses créations les plus précieuses par des moyens invisibles à nos yeux. Comme des parents qui vous aiment aveuglément. Une grande sœur qui se sent coupable de chercher à vivre en dehors de vous. Un gamin à la voix rauque qui a renoncé à ses amis pour être votre ami. Même une fille aux cheveux roses qui garde une photo de vous dans son portefeuille. Peut-être que c’est une grande loterie, mais l’univers, en fin de compte, se charge de rétablir l’équilibre. L’univers prend soin de tous ses oisillons. »

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Qui suis-je ?

  • : Des romans entre deux mondes
  • Des romans entre deux mondes
  • : Ce blog de romans a été créé par Stellabloggueuse pour vous faire partager les lectures d'une jeune femme d'une vingtaine d'années. Un âge où le coeur balance entre littérature jeunesse et adulte. Ambassadrice de la collection eXprim', je lui réserve une place privilégiée dans mes commentaires. A travers mes modestes critiques de romans, j'espère simplement vous donner envie de faire quelques découvertes, et d'aller piocher dans tous les domaines. Pas de frontière dans le monde du roman!
  • : 27/12/2010

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