Samedi 30 août 2014 6 30 /08 /Août /2014 07:00

[Robert Laffont, 2014]

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night-school t4*Attention, il s’agit du quatrième tome d’une saga : présence de spoilers sur les tomes précédents *

 

Night School de CJ Daugherty est une série assez addictive, qui propose un savant mélange de suspense, de jeux de pouvoir et de romance. Après un premier tome convaincant, un second tome qui m’avait mise dans tous mes états et un troisième tome centré sur la recherche de l’espion, j’étais avide de connaître la suite.

 

Résumé

 

Après la dernière invasion de Cimmeria par les hommes de Nathaniel, Allie et Rachel ont été forcées de fuir et de se cacher. Elles sont désormais réfugiées dans le Sud de la France, chez les parents de Sylvain. Mais la tranquillité des plages du Sud de la France va bientôt voler en éclats, et il faudra se résoudre à retourner à Cimmeria. Une école quasi déserte, un climat de suspicion permanent, un garde à chaque angle de couloir… C’est dans cette atmosphère très lourde que se préparent de futurs pourparlers avec Nathaniel.

 

Côté intrigue

 

Ce tome marque une timide avancée dans l’intrigue. Les événements penchent en faveur de Nathaniel, ce qui pousse Lucinda à préparer des pourparlers. En ce qui concerne Cimmeria, l’espion est tout près d’être démasqué, et les élèves de la Night School s’entraînent. Ce quatrième volet démarre sur les chapeaux de roues, dans un suspense assez haletant. S’il y a ensuite quelques longueurs, mais la fin est également trépidante et les vingt dernières pages vous feront vivre de véritables montagnes russes émotionnelles, du bonheur intense à la peur la plus primitive. Vivement le dernier tome !

 

Côté romance

 

Comme dans le tome précédent, le triangle amoureux se fait un peu plus discret, mais reste bien présent. Si Sylvain est mis en avant dans la première moitié du roman, Carter est toujours là, fidèle à lui-même. Allie s’efforce de faire un choix et de s’y tenir, mais a-t-elle fait le bon ? Cette question la hante tout au long du roman, jusqu’à ce qu’elle soit enfin sûre d’elle. Je ne vous dirai rien de son choix, pas même s’il m’a convenu, car vous devineriez facilement ce qu’il en est et je ne veux pas vous spoiler.

 

Les personnages

 

Dans la lignée du tome précédent, Allie mûrit et se préoccupe enfin des conséquences de ses choix sur les autres. Elle est prête à se mettre en danger par loyauté pour ses amis et Lucinda, elle est courageuse et volontaire. Sentimentalement en revanche, elle est encore très hésitante et se traite elle-même régulièrement d’idiote. Mais elle progresse également.

 

Quant à Sylvain, il nous montre de nouvelles facettes de lui-même, on oublierait presque (je dis bien PRESQUE), ce qu’il a fait dans le premier tome. Carter est toujours là, entre colère et compréhension, entre rancœur et désir. Ce personnage continue à me fasciner. Enfin j’ai trouvé le comportement de Rachel assez étrange, je me demande ce qu’elle cache.

 

L’écriture

 

Je ne sais pas si le style de l’auteure s’est amélioré au fil des tomes ou si c’est moi qui ne fait plus attention, prise par l’intrigue, mais ma lecture a été agréable et sans entrave. Les descriptions sont parlantes et efficaces, les dialogues vifs. Pour du YA, c’est tout à fait satisfaisant.

 

En quelques mots…

 

Ainsi, ce quatrième tome démarre sur les chapeaux de roue et se termine de la même manière, avec un suspense insoutenable et beaucoup d’émotions contradictoires. L’intrigue avance timidement, le triangle amoureux est toujours présent mais se dénoue. On ne souhaite qu’une chose : connaître la fin !

 

Note : 4,5/5 (j’aurais mis 4 sans les 20 dernières pages)

 

Stellabloggeuse

 

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Ce roman fait partie du challenge :

 

  challengeR

 

Challenge 100% R : 17e lecture

 

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« La détonation fit voler en éclats la tranquillité de la crique. Allie sursauta et commença à couler. Mais avant qu’elle se retrouve la tête sous l’eau, Sylvain la rattrapa et l’attira à lui. Puis il examina attentivement la plage. Accrochée à ses épaules, elle suivit son regard. Le paysage n’avait pas changé. Ils avaient toujours sous les yeux le sable fin, les imposants rochers et la mer bleue. Mais à présent, ce décor de carte postale lui paraissait différent : dangereux. »

 

« Je sais tout de toi, Allie. Et Nathaniel aussi. Nous connaissons tes forces et tes faiblesses. Ce que tu es prête à sacrifier, et ce qui te détruirait.

Il esquissa un sourire mauvais et ajouta :

-Nous savons tout. »

 

« Mais il était trop tard pour revenir en arrière. On ne peut pas se rétracter après une déclaration d’amour. Elle ne peut pas être retirée ou rayée des registres. Une déclaration d’amour est là pour toujours. »

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Mardi 26 août 2014 2 26 /08 /Août /2014 12:12

[Presses de la Cité, 2014]

 

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héritières rome J’ai découvert Kate Quinn en 2012 grâce au coup de cœur de ma copinaute Plume de Cajou. J’ai adoré ses deux premiers romans, "La Maîtresse de Rome" qui se déroule sous le règne de Domitien, et « L’impératrice des sept collines » qui lui fait suite en dépeignant une grande partie du règne de Trajan. Je vous rappelle que tous deux existent désormais en poche, vous n’avez pas d’excuse pour ne pas sauter le pas ! Ici, avec « Les héritières de Rome », l’auteure nous propose un préquel qui se déroule en 69, une année qui aura vu couronner et mourir 3 empereurs.

 

Résumé

 

Dans ce roman, nous suivons quatre cousines de la lignée des Cornelii (deux ont réellement existé, et les deux autres sont une invention de l’auteure). La plus âgée, Cornelia, est mariée à Pison, un proche de Galba qui pourrait bien devenir empereur. C’est une parfaite maîtresse de maison, mais elle attend en vain de pouvoir donner un enfant à son mari. Sa sœur, Marcella, est une intellectuelle qui écrit sur l’Histoire et aspire à passer à l’action. La troisième, Lollia, est une riche héritière qui attire les convoitises et qui n’a pas vraiment la tête sur les épaules. Enfin la quatrième, Diane, ne jure que par les courses de chevaux. Toutes les quatre seront impliquées, volontairement ou malgré elle, dans la valse des empereurs qui marque l’année 69.

 

Retour à Rome

 

J’ai retrouvé avec délices l’ambiance de Rome que Kate Quinn sait si bien dépeindre. Après nous avoir emmenés dans les arènes des gladiateurs et sur les champs de bataille, elle nous convie cette fois-ci aux courses de char du Cirque Maxime, et l’on s’y croirait. Une fois encore, l’auteur nous entraîne entre histoire et fiction, brouillant les pistes (mais à son habitude elle démêle le vrai du faux dans une postface historique bien utile), mêlant la politique aux histoires d’amour.

 

Un tome très politique

 

Tout comme « L’impératrice des sept collines », nous sommes dans un tome plus politique. En quelques mois, trois empereurs se succèdent et connaissent une mort violente. Les alliances et les manipulations se multiplient. Entre ces règnes agités, l’auteure parvient à tisser une histoire de famille. Chacune des quatre cousines se retrouvent impliquées auprès d’au moins un empereur. Cette succession d’empereur donne un rythme assez haletant au roman, et la fin m’a particulièrement surprise et séduite.

 

Un préquel

 

Ce préquel pose également les bases de la Maîtresse de Rome, nous retrouvons ici plusieurs personnages de ce roman avec quelques années de moins. Nous retrouvons notamment Domitien qui progresse lui aussi vers le pouvoir.

 

Les personnages

 

Comme les autres romans de Kate Quinn, celui-ci offre une incroyable galerie de personnages hauts en couleurs, à commencer par les quatre cousines. Cornelia offre d’abord une image assez rigide, digne en toute circonstance. Mais le malheur fissure l’armure et elle agit de plus en plus en femme libre, ce qui m’a plu. Marcella m’a tout d’abord été sympathique par son intelligence, mais son goût pour l’intrigue est poussé trop loin, je ne pouvais pas la suivre. Lollia connaît une belle évolution, elle qui est au départ une jeune femme évaporée devient peu à peu une bonne mère, responsable, et prend son destin en main. Quant à Diane, elle est un peu au-dessus de tout ça, sa passion pour les chevaux et les courses prend le pas sur le reste.

 

Pour le reste, j’ai été heureuse de retrouver Marcus Norbanus et Domitien, qui est toujours aussi redoutable sous ses airs juvéniles. Les empereurs éphémères ne sont pas très présents, mais chacun a une personnalité bien distincte. Il y a également quelques personnages que l’on adore détester, notamment Tullia, mais pas de « grand méchant » à signaler.

 

L’écriture

 

Comme ses prédécesseurs, ce roman est très agréable à lire. Le style est fluide, on ne bute pas à la lecture. Les descriptions sont toujours aussi riches et vivantes et les dialogues convaincants. Je me régale, tout simplement.

 

En quelques mots…

 

Ainsi, jamais deux sans trois, j’ai adoré ce petit dernier de Kate Quinn qui pose les bases de la Maîtresse de Rome et qui met des visages et des romances sur la valse des empereurs qui a marqué l’année 69. J’ai apprécié l’ambiance, la galerie de personnages et le rebondissement inattendu que nous offre la fin du roman. A lire, et vivement le prochain !

 

Note : 4/5

 

Stellabloggeuse

 

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« Le veuvage de trois d’entre elles lui apparaissait avec une clarté parfaite ; quantité de malheurs pour l’une et la renommée pour l’autre ; un total de onze époux et huit enfants à elles quatre. Sans oublier, bien sûr, cette petite main trempée de sang. »

 

 

« La foule, de plus en plus dense, les empêcha pourtant d’exécuter cet ordre. La litière chancela, une première puis une seconde fois, avant de basculer sur le côté. Marcella fut projetée sur les pavés, que ses hanches heurtèrent douloureusement, et Lollia s’étala sur ses jambes avec un petit cri perçant. Diane fut la première à se redresser. Les porteurs filaient dans la nuit. Plusieurs gamins poussèrent des hourrah et sautèrent dans la litière par jeu. Le reste de la populace conserva le silence. Marcella aperçut des yeux de jais, luisants, qui la jaugeaient, et une boule de peur lui monta dans la gorge. »

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Samedi 23 août 2014 6 23 /08 /Août /2014 07:00

[Syros, 2008]

 

qui-se-souvient-de-paula.jpgRomain Slocombe est un auteur français de romans policiers et romans noirs, pour les enfants et les adultes. J’ai souhaité découvrir cet auteur en commençant par « Qui se souvient de Paula ? », un roman pour adolescents qui tient à la fois du roman historique et du roman noir.

 

Résumé

 

Ce roman est constitué de trois parties distinctes. Dans la première, la jeune Juive Paula Karlinski, ou Paule Carlin sur ses papiers français, raconte dans une lettre à son petit ami, Jacques Masaran, comment elle a échappé de justesse à la rafle du Vel’ d’Hiv en juillet 1942 et gagné la zone libre, pour rejoindre sa mère à Lyon. Dans une seconde partie, nous l’accompagnons dans sa remontée à Paris début 1943, dans l’espoir de retrouver son père. Enfin, dans une troisième partie, Jacques Masaran, désormais âgé, reconstitue pour nous la manière dont Paula a finalement été arrêtée.

 

Un roman historique

 

Ce roman revient sur la traque des Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale, et notamment la rafle du Vel’ d’Hiv, qui frappe toujours par sa brutalité et par la manière dont les prisonniers ont été traités et envoyés à la mort. Nous suivons des Juifs en fuite, qui essaient d’échapper à leur sort, obligés de se méfier de tout et de tout le monde, d’être toujours aux aguets. Il montre comment certains français ont résisté tandis que d’autres ont collaboré de tout leur cœur, tandis qu’une troisième catégorie a fait dans l’opportunisme, retournant sa veste quand le vent tournait. L’auteur nous replonge aisément dans cette époque et se glisse dans la peau de cette jeune Juive d’une manière convaincante.

 

Un roman noir

 

Mais ce roman tient également du policier. Une énigme en est au centre : comment Paula a-t-elle finalement été arrêtée après une journée d’errance dans Paris ? Mais surtout, l’ambiance est sombre, les nuits sont peuplées de rêves étranges, le danger se cache partout, le train se fait oppressant. Ajoutons à cela quelques scènes de torture made in Gestapo, et vous obtenez un vrai roman noir.

 

Les personnages

 

Paula est une jeune fille comme une autre, ni une héroïne, ni quelqu’un de mauvais, elle a juste eu le malheur de naître juive. Elle fait preuve d’ingéniosité et ne se laisse pas gagner par la panique, elle a du courage et de la ressource. Mais elle n’est néanmoins qu’une jeune fille, vulnérable et peu armée pour affronter l’horreur. Les autres personnages ne sont qu’effleurés, qu’il s’agisse de Jacques Masaran, de l’actrice Mlle Pons ou du fourbe Jérôme Naudet.

 

L’écriture

 

Ce roman est écrit dans un style accessible aux jeunes lecteurs, à partir de 13 ans, mais un adulte y trouvera aussi son compte. La lecture est fluide, le cadre est bien posé, il y a régulièrement de petits rappels historique. Mais surtout, l’auteur n’a pas son pareil pour instaurer une ambiance sombre et oppressante, qui atteint jusqu’au lecteur.

 

En quelques mots…

 

Ainsi, ce titre tient à la fois du roman historique et du roman noir. L’ambiance est sombre à souhait et la narration intelligemment menée. Il ne révolutionne pas le traitement de la Seconde Guerre Mondiale, on n’y trouve rien de très original, mais j’ai passé un bon moment et je voulais connaître le dénouement.

 

Note : 3,5/5

 

Stellabloggeuse

 

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«Mais plus il y de gens, plus Paula se sent protégée… Alors, coincée, pressée, écrasée, son carton serré entre les jambes, la jeune Juive s’abandonne à la protection illusoire de la foule, et somnole bientôt, dodelinant de la tête, bercée par le rythme obsédant des roues sur les rails. L’aboiement d’un haut-parleur la réveille en sursaut. Le train est arrêté, dans une gare éclairée par la lueur jaunâtre des réverbères.

 

-Les voyageurs restent à leur place. Restez à vos places. Le contrôle a lieu dans le train. Restez à vos places. »

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Mardi 19 août 2014 2 19 /08 /Août /2014 15:43

[Sonatine, 2011]

 

avant-daller-dormirVoilà une bonne quinzaine de jours que je n’ai rien publié sur le blog, vacances obligent. Je ne pensais pas que la pause serait si longue, mais il est parfois bon de faire autre chose que lire ! Je reviens donc avec le premier roman de SJ Watson, un thriller psychologique intitulé « Avant d’aller dormir », dont l’adaptation cinématographique sortira en septembre.

 

Résumé

 

Chaque matin, Christine se réveille sans souvenirs, mis à part ceux de son enfance, et parfois ceux de sa vie d’étudiante. Chaque jour, auprès de son mari Ben, elle redécouvre sa vie, photographies et récits à l’appui. Mais à chaque fois qu’elle s’endort, elle oublie tout. Jusqu’au jour où, sur les conseils d’un nouveau thérapeute, le docteur Nash, elle commence à tenir régulièrement un journal. Elle se rend alors compte que ses rares souvenirs ne cadrent pas avec ce que lui raconte son entourage…

 

Un roman addictif

 

Je n’ai pas eu de difficulté à entrer dans ce roman, qui est centré autour de l’amnésie du personnage principal. Dans une première partie, nous débutons une journée avec Christine, dénuée de souvenirs. Puis dans une seconde partie, beaucoup plus longue, nous découvrons son journal et les souvenirs qu’elle a accumulés et consignés au fil des jours. Enfin, le dénouement constitue une troisième partie tout à fait haletante, lors de laquelle les dernières pièces du puzzle se mettent en place. C’est un roman bien mené et assez addictif, je n’ai pas ressenti de longueurs.

 

Un doute omniprésent

 

Peu à peu, on découvre des brides de la vie de Christine, en même temps qu’elle. Mais nous ne pouvons rien tenir pour acquis. Tout au long de l’histoire, l’auteur parvient ainsi à maintenir le doute : Christine se souvient-elle réellement, ou est-elle en train de se fabriquer des souvenirs, de les inventer ? Néanmoins, j’avais à peu près deviné le dénouement, moi qui ne suis pas douée pour cela ! Pour autant, je n’étais pas sûre de moi et cela n’a en rien gâché ma lecture.

 

Les personnages

 

Le personnage de Christine est, par essence, très centré sur elle-même. Complètement perdue, sans souvenirs, sa principale préoccupation est de savoir qui elle est, comment elle a vécu, et surtout, quelle est la source de son amnésie. Aussi, même si elle n’est pas particulièrement attachante, le lecteur la prend en pitié et la soutient dans sa quête. Elle m'a même émue, par moments. Quant à Ben, son mari, il m’a tout de suite inspiré des sentiments mitigés, je l’ai trouvé étrange et n’ai pas pu lui faire totalement confiance.

 

L’écriture

 

Ce roman, le premier pour l’auteur, est écrit et traduit dans un style simple et direct, bien adapté à un thriller psychologique. Les dialogues sont crédibles, les descriptions suffisantes pour se figurer l’action et le décor, et la psychologie du personnage est bien fouillée.

 

En quelques mots…

 

Ainsi, j’ai passé un très bon moment en compagnie de ce thriller psychologique bâti autour de l’amnésie du personnage principal. C’est un roman addictif, et la troisième et dernière partie est tout bonnement haletante. Le fait d’avoir en partie deviné la fin n’a pas suffi à gâcher mon plaisir. J’irai volontiers voir le film au mois de septembre !

 

Note : 4/5

 

Stellabloggeuse

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« Comme il doit être tentant pour lui de garder le silence, et comme la vie doit être difficile, en sachant que je promène ces brisures de souvenir en moi, tout le temps, partout, comme de minuscules bombes, et qu’à n’importe quel moment l’une d’elles peut perforer la surface et me forcer à vivre la douleur comme si c’était la première fois, en l’entraînant lui aussi dans la souffrance. »

 

 

« Peut-être que tout cela n’était qu’une invention. Une création de mon imagination, pas un souvenir. Etait-il possible que, incapable de saisir le simple fait d’un accident sur une route verglacée, j’aie tout inventé ? Si c’est le cas, ma mémoire ne fonctionne pas. Les choses ne me reviennent pas. Je ne vais pas de mieux en mieux, je suis en train de devenir folle. »

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Mardi 5 août 2014 2 05 /08 /Août /2014 17:00

[Actes Sud, 2014]

 

Les_Supremes.jpg« Les Suprêmes » d’Edward Kelsey Moore ont bien fait parler d’elles en ce printemps. Il ne fallait pas plus que l’avis très positif de ma copinaute Plume de Cajou pour que je me lance à mon tour à la découverte de ce premier roman de l’auteur !

 

Résumé

 

Odette, Clarice et Barbara Jean ont été surnommées « Les Suprêmes » par tous leur quartier de Leaning Tree à Plainview, en référence au célèbre groupe, dans les années 1960. Aujourd’hui âgées de plus de cinquante ans, leur amitié est toujours aussi solide, même si la vie ne les a pas épargnées. Tout en faisant face à leurs défis actuels – le cancer, le deuil, l’alcoolisme, l’infidélité – elles se rappellent les épreuves et les bons moments du passé.

 

Une amitié mise à l’épreuve

 

Ce roman est avant tout une belle histoire d’amitié entre trois femmes très différentes (je reviendrai un peu plus tard sur le caractère de chacune). Passé et présent se mêlent pour nous faire entrer dans leurs vies. Elles ont vécu la ségrégation, l’assassinat de Martin Luther King, et ce thème reste en filigrane de tout le roman même s’il n’est pas vraiment abordé frontalement. La ségrégation a marqué leurs vies, et même le paysage. Toutes ont également vécu des deuils, de différentes natures, et la cinquantaine leur réserve son lot d’épreuves, qu’elles soient médicales ou conjugales. Pourtant, leur amitié traversent les décennies.

 

Un roman solaire

 

Mais malgré certaines thématiques difficiles, c’est une histoire qui recèle beaucoup d’humour et de tendresse, un livre lumineux. Les esprits des morts, avec lesquels Odette converse régulièrement, donnent au roman un côté décalé très rafraîchissant. Les personnages ne baissent pas les bras, il se trouve toujours un ami ou un conjoint pour les soutenir dans les moments difficiles. Par ailleurs je n’ai pas vraiment cru au dénouement proposé, mais il m’a semblé en cohérence avec le ton de l’ensemble du roman.

 

Les personnages

 

Les trois personnages principaux donnent toute leur saveur au roman. Ma préférée a été Odette – la principale narratrice de cette histoire. C’est un personnage fort, né dans un arbre, qui ne se laisse pas intimider et toujours prête à se battre pour défendre ceux qu’elle aime. Clarice est un peu moins aimable, elle tient trop aux apparences, mais elle a conscience de ce défaut qui lui vient de sa propre mère, et essaie de déployer ses ailes. Quant à Barbara Jean, l’icône glamour du quartier, c’est un personnage blessé, qui a besoin de ses deux amies pour s’accrocher à la vie. On s’attache également à James, le mari d’Odette, et à la mère de cette dernière, à Larry, à Big Earl ; on adore réprouver cette canaille de Richmond, cette arnaqueuse de Minnie et la peste Veronica… Vous vous régalerez de votre rencontre avec chacun d’eux !

 

L’écriture

 

En ce qui concerne le style, il est agréable et la lecture est fluide. Il y a un habile mélange d’humour (avec des scènes cultes !) et d’émotion, cette dernière vous cueille alors qu’on ne s’y attend pas. On sent chez lui la délicatesse du violoniste. Les descriptions sont suffisantes pour se représenter les personnages et les décors dans lesquels ils évoluent.

 

En quelques mots…

 

Ainsi, ce roman nous raconte une belle histoire de femme et d’amitié, portée par des personnages très bien construits et qui ont tous leur rôle à jouer dans cette histoire. Les épreuves de la vie ne nous sont pas épargnées, mais les Suprêmes les combattent avec une bonne humeur inégalée et nous montrent que même à cinquante ans passés, une vie de femme comporte son lot de défis.

 

Note : 4/5

 

Stellabloggeuse

 

 

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« -Ce ne sont pas les enfants qui ont changé, Odette, c’est toi. Tu vieillis, glissa Barbara Jean.

-Merci, c’est sympa, les filles. Quel plaisir de venir déjeuner le dimanche et d’apprendre que je ne suis qu’une vieille pie ronflante. Dieu seul sait pourquoi je continue à traîner avec vous, bande de sorcières.

Clarice éclata de rire et riposta « C’est parce qu’on est les seules à ne pas avoir peur de toi et à oser te dire en face que tu es vieille et que tu ronfles. Mais ne t’inquiète pas, on en est toutes là. »

 

« Un jour, début novembre, alors qu’elle était sur le chemin du retour, elle s’arrêta un moment pour contempler Leaning Tree. Les grands arbres biscornus, témoins de son passé, paraient le paysage d’une mélancolie plus puissante encore à présent que leurs feuilles étaient tombées. Elle considéra leurs squelettes voûtés. Ces arbres lui semblaient plus impressionnants que jamais. Ils s’étaient tous adaptés, allant même jusqu’à s’épanouir malgré le grave affront qu’on leur avait infligé. Si Barbara Jean avait eu envie de demander quelque chose à Dieu, c’eût été de lui insuffler la même rage de vivre que ces arbres penchés. »

 

« -C’est Clarice qui sera contente quand je serai chauve ! elle me tannait déjà en quatrième pour que je cache ma tignasse sous une perruque.

 

Clarice savait qu’Odette ne pensait pas à mal en parlant ainsi. Son amie lui aurait volontiers dit la même chose en face avec un large sourire. Mais cette certitude ne lui fut d’aucun réconfort sur le moment. Elle n’eut qu’une envie, se précipiter à l’intérieur et crier à Odette qu’elle l’aimait comme elle était – que ses cheveux soient beaux, moches, ou absents. »

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  • : Des romans entre deux mondes
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  • : Ce blog de romans a été créé par Stellabloggueuse pour vous faire partager les lectures d'une jeune femme d'une vingtaine d'années. Un âge où le coeur balance entre littérature jeunesse et adulte. Ambassadrice de la collection eXprim', je lui réserve une place privilégiée dans mes commentaires. A travers mes modestes critiques de romans, j'espère simplement vous donner envie de faire quelques découvertes, et d'aller piocher dans tous les domaines. Pas de frontière dans le monde du roman!
  • : 27/12/2010

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