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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 06:00

[Robert Laffont, 2013]

 

prince-dété

Vous le savez, j’apprécie beaucoup les titres de la Collection R et leurs nouvelles parutions continuent à me tenter sans cesse. Cette fois-ci, j’ai succombé à la tentation du « Prince d’été » d’Alaya Dawn Johnson qui, pour une fois, constitue un tome unique.

 

Résumé

 

June est une waka (une personne de moins de 30 ans) de la ville-pyramide de Palmarès-Très. Quatre cent ans plus tôt le monde a frôlé la destruction et, sur la côte de ce qui fut le Brésil, une ville s’est reconstruite, exclusivement dirigée par des femmes, sauf une fois tous les cinq ans. Un roi d’été est alors élu. Chargé de désigner la prochaine reine, il est sacrifié à la fin de l’hiver. Lorsque Enki, un waka issu du Verde, le quartier pauvre de la ville, est élu roi, tous les wakas sont derrière-lui, et particulièrement June qui, en sa compagnie, tente de réaliser la plus grande œuvre d’art que la ville n’ait jamais connu.

 

Un univers futuriste original

 

Ce que j’ai le plus apprécié à la lecture de ce roman, c’est son originalité. L’auteure nous livre ici une véritable création, pleine d’imagination. Cette ville-pyramide, organisée en plusieurs niveaux et dotée de technologies futuristes (mais pas autant que Tokyo 10, toujours à la pointe) m’a beaucoup plu. Les humains atteignent désormais allègrement l’âge de 250 ans. La structure sociale et politique est également originale, puisque les femmes sont au pouvoir et que la société est très libérée. On aime indifféremment des hommes et des femmes à Palmarès-Très, et les relations ne sont pas forcément exclusives.

 

L’Art et l’énergie

 

L’art occupe une grande place dans cette histoire, d’une part car June est une artiste visuelle et d’autre part car c’est un attrait partagé par l’ensemble de la population. En effet, la ville conserve certain traits de l’ancien Brésil, notamment une passion pour la musique et la danse. Cela confère au roman une véritable énergie que j’ai beaucoup appréciée. En revanche, je dois dire que l’intrigue en tant que telle ne m’a pas franchement convaincue, y compris le dénouement qui « tombe un peu du ciel ». J’ai aimé l’imagination et l’hommage à l’art, mais j’ai mal saisi la finalité de l’histoire, si ce n’est d’aborder certains sujets concernant la société et l’avenir de l’humanité.

 

Les personnages

 

Là où j’ai eu plus de mal, c’est avec les personnages pour lesquels je ne me suis pas vraiment prise d’affection. June a un côté égoïste et capricieux qui m’a dérangée, même si elle s’améliore au fil du roman. J’ai eu l’impression qu’elle avait du mal à prendre en compte les sentiments des autres, mis à part ceux de son ami Gil. Ce dernier, nous le connaissons trop peu pour nous y attacher vraiment, même s’il dégage une forte séduction par la danse et par l’amour que lui porte June. Quant à Enki, je me suis souvent demandé où il voulait en venir, quel était son but. C’est un personnage qui reste obscur pour moi, même si certains passages sont écrits de son point de vue. Je crois qu’il m’a paru trop inhumain.

 

L’écriture

 

J’ai beaucoup aimé l’écriture d’Alaya Dawn Johnson, parfois poétique, parfois plus directe. Je l’ai trouvée très agréable, et assez fluide malgré la présence d’un vocabulaire spécialisé, dédié à son univers. En effet, un grand nombre de mots, inventés ou issus du portugais, nous échappent dans un premier temps. J’ai d’abord buté sur ce vocabulaire, mais il s’intègre finalement assez vite et permet de rendre l’univers créé par l’auteure plus vivant. Tout n’est pas clairement explicité, mais cela permet surtout de faire travailler son imagination !

 

En quelques mots…

 

Au final, je vous dirais que j’ai beaucoup aimé ce roman pour l’originalité de son univers, l’importante place faite à l’art et son énergie. Il faut s’accrocher au début du roman pour décoder cet univers à part et en appréhender le fonctionnement, mais cela en vaut la peine. L’histoire pose des questions sur le fonctionnement de nos sociétés, mais j’ai trouvé l’intrigue un peu légère, et le dénouement rapide. Surtout, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages qui, à mon goût, manquent d’humanité et de profondeur. Mais c’est un roman à lire si vous aimez les univers futuristes, l’art, et si vous appréciez d’être surpris, à partir de 15 ans environ. Pour finir je vous propose l’avis de ma copinaute D’encre et de rêves, plus enthousiaste que le mien !

 

Note : 3,5/5

 

Stellabloggeuse

 

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Ce roman fait partie des challenges :

 

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Challenge 100 % R : 7e lecture de la collection

 

bougeta Pal


Challenge « Bouge ta PAL ! » : lecture n°38

 

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« Le mouvement s’accélère, je dois faire attention à ne pas me ridiculiser. Malgré ma concentration, je me laisse absorber par le rythme. Ce un-deux-trois que mes pieds connaissent mieux que mon cerveau. La façon dont bougent mes hanches et glisse la soie polymérisée sur mes seins. Gil me fait tournoyer d’un côté,  puis de l’autre. Je ris et il me renverse sur son genou. Je lance une jambe en l’air, sans me soucier que l’on voie ce qu’il y a sous ma robe ni du risque de perdre une chaussure. Gil affiche son petit sourire en coin impénétrable. Il me soulève, puis ses mains empoignent mes hanches et voilà que je vole au-dessus de lui dans le swing trépidant de la samba qui pulse autour de nous, et j’aperçois la ville, scintillante, en contrebas. C’est le plus beau moment de ma vie. »

 

« Je n’ai pas envie de coucher avec lui. Ce serait comme faire l’amour avec l’orage. Je ne fais que fantasmer sur un tas de choses que je ne veux pas vraiment. »

 

« Tu as toujours aimé la lumière. Tes implants luisaient sur la piste de danse quand Gil t’a soulevée dans les airs. J’ai prétendu que je n’avais pas fait attention, mais j’ai menti. Ton arbre a pris de l’ampleur depuis cette nuit-là. Je t’ai dit un jour que je pouvais lire dans tes pensées, mais je n’ai même pas besoin de regarder ton visage pour connaître tes humeurs. La colère est le sentiment le plus facile : tu scintilles et tu lances des éclairs comme les lanières d’un fouet qui crépite. Quand tu es enthousiaste, tu montres tes plus belles couleurs. Et cette façon qu’ont les branches le long de ton bras d’ondoyer dans la brise quand un nouveau projet artistique vient de prendre forme dans ton esprit… Quand tu as vu l’océan pour la première fois, j’ai bien cru qu’elles allaient fleurir. »

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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 06:30

[Actes Sud Junior, 2008]

 

rien-que-ta-peau.gif "Rien que ta peau" de Cathy Ytak est encore un roman sur lequel je ne me serais jamais arrêtée si je n’avais pas eu besoin d’un auteur en « Y » pour mon Challenge ABC. Ce challenge me ravit pour les découvertes qu’il me fait faire, car c’est un très beau mini roman que je viens de lire.

 

Résumé

 

Ludivine, dite Louvine, est lente, ou idiote, pour la plupart des gens. Elle a du mal à prendre des décisions et a une obsession pour les couleurs. Les gens supportent mal sa différence, y compris ses propres parents. Personne ne la comprend vraiment. Jusqu’à Mathis, qui aime soigner les oiseaux et faire les choses lentement. Sauf que leur amour, aux yeux des autres, sera suspect.

 

Une belle histoire d’amour

 

Comme souvent avec ce type de mini-roman (70 pages), il est difficile de faire une chronique sans trop en dire, sans tout raconter. Ce que je vous dirai en tout cas, c’est que l’auteure s’est mise dans la peau de cette jeune fille d’une manière délicate et sensible. Rien de pathétique dans cette histoire, pas de violons. C’est une belle histoire d’amour, qui nous est contée sans complexe ni détour par Ludivine, d’une manière très poétique.

 

La différence qui dérange

 

C’est aussi un roman sur la différence, sur la manière dont la société a du mal à s’accommoder à ces personnes qui ne sont pas « dans le moule » et qui ont pourtant beaucoup à offrir. On dénie à Ludivine le droit de vivre comme tout le monde, le droit d’aimer. On ne comprend pas que Mathis puisse sincèrement s’intéresser à elle.

 

La fin nous laisse dans le flou. Louvine est pleine d’espoir, quant à nous, nous pouvons tout imaginer, le meilleur comme le pire. Moi, j’ai eu envie d’y croire.

 

Les personnages

 

Ce mini-roman est centré sur le personnage de Louvine qui nous raconte son histoire. J’ai tout de suite éprouvé de la sympathie pour cette jeune fille consciente de sa différence. Elle se rend très bien compte de l’attitude des gens à son égard et notamment de ses parents. Pourtant, elle se montre forte, suffisamment pour s’opposer à eux et pour prendre ses propres décisions, ce dont on la croit incapable. Elle vit son histoire d’amour avec beaucoup d’innocence, elle est très touchante. Quant à Mathis, puisqu’on le voit à travers ses yeux, il ne peut que nous plaire.

 

L’écriture

 

Je ne connaissais pas du tout Cathy Ytak, et j’ai beaucoup apprécié son écriture, à la fois sensible et directe. Elle ne tourne pas autour du pot, n’enveloppe pas ses phrases de trop de fioritures, elle trouve simplement les mots qui sonnent juste, elle sait les assembler. Sa plume m’a tenue en haleine du début à la fin, ce qui est le principe de ces petits romans « d’une seule voix ».

 

En quelques mots…

 

Ainsi, j’ai beaucoup aimé cette découverte, ce mini-roman sur le premier amour d’une jeune fille différente, vécu avec beaucoup d’intensité et d’innocence. Si vous voulez lire une histoire d’amour différente, n’hésitez pas, prenez une grosse demi-heure pour dévorer ce mini-roman, vous ne le regretterez pas.

 

Note : 4,5/5

 

Stellabloggeuse

 

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Ce roman fait partie du challenge :

 

ABC2013


Challenge ABC 2013 : 19/26

 

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« Je ne respire plus. Je puise dans tes yeux clairs rivés aux miens ta force et ta douceur dans un inextricable clair-obscur. Je hurle encore le saccage accompli, le désir tué, le sang qui coule sur ta joue et celui qui a coulé de mon corps, tout à l’heure, quelques gouttes à peine, rosées, mélangées. Je hurle, enfin, pour ne jamais oublier. »

 

« Et c’est ce souvenir qui me tient debout à l’intérieur, dans mon lit. Ce que disent les autres, je m’en moque. Je me souviens de nous, de nous, de nous. Et ma mémoire est douce comme une combe enneigée. Pareil à une pelote de fil que je tire doucement, je la dévide, je vais la rembobiner complètement, cette fois en partant du début. Ils m’ont dénié le droit d’y avoir joué un rôle, alors je me la réapproprie et la ressort intacte. Je sais que toi aussi, où que tu sois, tu fais la même chose, chaque nuit. »

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Mardi 14 mai 2013 2 14 /05 /Mai /2013 06:15

[La Martinière Jeunesse, 2013]

 

paradise-T2.jpg *Attention, il s’agit du second tome d’une saga : risque de spoilers sur le tome précédent*

 

Il y a quelques semaines, je découvrais « Paradise » de Simone Elkeles, un roman qui m’avait un peu déçue par rapport aux avis élogieux que j’avais lu et par rapport à son autre roman « Irrésistible alchimie », que j’avais trouvé beaucoup plus puissant. Ici, j’avais eu du mal à adhérer à l’histoire d’amour, qui se développait trop vite à mon goût. Néanmoins, lorsque l’occasion s’est présentée de lire la suite, je n’ai pas trop hésité !

 

Résumé 

 

Maggie et Caleb ne se sont plus revu depuis que ce dernier a quitté Paradise, et ils pensent tous les deux avoir tourné la page. Jusqu’à qu’ils se retrouvent de manière fortuite dans un camp d’été, durant lequel ils sont chargés de mettre de jeunes gens en garde contre les dangers du volant. Rapidement, ils sont de nouveau attirés comme des aimants, mais leurs têtes, elles, savent tout ce qui les séparent.

 

Une intrigue plus palpitante

 

Ce roman a finalement été une très bonne surprise, car, contrairement au tome précédent, j’ai été très vite happée par l’intrigue. On y retrouve davantage d’intensité, similaire à celle d’un « Irrésistible alchimie ». L’intrigue est mieux construite, bien menée, Simone Elkeles mène sa barque et conduit son lecteur de rebondissement en rebondissement. Au final, c’est un tome plus efficace que son prédécesseur. Ajoutons que Simone Elkeles ne nous laisse jamais tomber, elle offre toujours des fins dignes de ce nom qui ne laissent pas d’ambiguïté sur le devenir des personnages.

 

Une romance plus intense

 

Quant à la romance, si on ne comprend pas encore bien pour quelle raison elle est née entre ces deux personnages, elle est désormais convaincante. Et surtout, elle n’est pas simple, il y a beaucoup plus de confrontation et de frustration entre les personnages, un ingrédient qui fonctionne bien avec moi. J’ai enfin ressenti quelques frissons, et l’auteure nous explique un peu mieux ce que ces deux personnages s’apportent l’un à l’autre.

 

Les personnages

 

Les deux personnages se sont endurcis. Caleb pense qu’il n’a rien à gagner à se comporter comme un mec bien. Il a été déçu par sa propre famille, et il est toujours en colère vis-à-vis de ce lourd secret qu’il doit porter. Il est donc dans une spirale d’autodestruction que seuls Maggie et Damon peuvent briser. C’est un écorché vif, et j’ai beaucoup compati pour lui. Quant à Maggie elle est plus forte, enfin déterminée à affronter la vie et à surmonter son handicap. Cette fois, c’est elle qui va tirer Caleb vers le haut et lui faire voir l’existence d’une manière différente. Elle me plaît beaucoup.

 

L’écriture

 

En ce qui concerne l’écriture, Simone Elkeles reste fidèle à elle-même : beaucoup de dialogues, une bonne dose de sensualité, des affrontements de caractère, un ton direct. C’est toujours très agréable, une bonne lecture-détente.

 

En quelques mots…

 

Ainsi, ce roman m’a agréablement surprise, j’ai été happée par l’intrigue et j’ai eu du mal à décrocher avant de l’avoir terminé. C’est une romance efficace, suffisamment intense à mon goût. Ne vous attendez pas à un monument de la littérature, mais à un roman qui remplit exactement son objectif : détendre la lectrice et lui mettre de petits papillons dans le ventre. Laissez-vous aller !

 

Note : 4/5

 

Stellabloggeuse

 

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Ce roman fait partie du challenge :

 

ousontleshommes


Où sont les hommes ? : lecture n°45

 

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« Tu t’aventures sur un terrain glissant, Maggie, gémit-il. Je m’efforce d’être un type bien, honorable, je t’avise.

-Je sais, seulement, ce n’est pas ce que je te demande.

-Tu es sûre de savoir dans quoi tu es en train de te fourrer ?

-Pas la moindre idée.

Je lui caresse le torse en y déposant des petits baisers.

-Tu me tues, marmonne-t-il, me tirant vers lui afin qu’on se retrouve face à face. On ne peut pas faire ça. Ne te méprends pas, je suis prêt et on ne peut plus disposé. Mais nous sommes sur le point de prendre des directions totalement opposées, toi et moi. Tu le sais, si on couche ensemble, ça ne fera que compliquer les choses.

-J’ai une idée, dis-je d’un ton calme. Si on flirtait toute la nuit jusqu’à ce qu’on n’en puisse plus ? Ce serait OK, non ? »

 

« Un de mes professeurs m’a dit que si on se bornait à marcher sur la pointe des pieds dans l’eau froide, on ne connaitrait jamais l’exaltation d’un plongeon tête la première. »

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Samedi 11 mai 2013 6 11 /05 /Mai /2013 06:30

 

[JC Lattès, 2013]

 

la-premier-chose-quon-regarde J’ai découvert Grégoire Delacourt avec son premier roman, « L’écrivain de la famille », auquel j’avais trouvé un seul défaut, celui d’être très masculin. J’ai pensé que l’auteur connaissait mal le cœur des femmes. Il m’a prouvé le contraire, et de quelle manière, avec « La liste de mes envies » qui a été un coup de cœur. Aussi, j’avais beaucoup d’attentes vis-à-vis de ce troisième roman. Peut-être un peu trop.

 

Résumé

 

Arthur Dreyfuss est garagiste dans une toute petite ville, il a vingt ans, et il n’a jamais vraiment connu l’amour. Un soir, on frappe à sa porte. Devant lui, Scarlett Johansson. Elle a l’air triste, il est prêt à tout pour qu’elle soit heureuse. Finalement, elle n’est pas vraiment Scarlett, mais elle a quelque chose qui le touche. Suffisamment pour lui faire oublier l’actrice ?

 

Une première partie en demi-teinte…

 

En commençant ma lecture, j’ai été assez déçue. Ce roman est de nouveau très masculin, et la magie n’opère plus. J’ai été gênée avec les très nombreuses digressions, les précisions inutiles. Il m’a semblé qu’elles étaient là afin de rendre l’histoire d’amour fantaisiste, légère, un peu à la Foenkinos. Mais à mon sens, c’est raté. Il y a également beaucoup de « people », ce qui donne à ce roman un côté superficiel qui m’a dérangée. Beaucoup de références culturelles, également, vraiment trop : si on ne les connaît pas, on finit par se sentir un peu inculte, et il y a un moment ou cela devient vraiment gênant. Tout cela m’a vraiment empêchée d’adhérer à l’histoire d’amour, que j’ai trouvé peu crédible.

 

…une seconde partie bien meilleure

 

Mais finalement, passée une première centaine de pages, voire cent cinquante, le roman devient bien meilleur. Nous voilà de retour dans la gravité qui sied tout particulièrement à cet auteur. Il excelle dans le doux-amer, dans la lucidité et la mélancolie. Le roman est soudain devenu plus profond, au fur et à mesure que l’auteur nous entraîne dans une spirale destructrice. On quitte le conte de fée, et la fin est terrible. Au final, j’ai l’impression que cette première partie légère et superficielle n’est là que pour rehausser le côté dramatique de la seconde, et en cela le choix de l’auteur se justifie, bien que je n’ai pas aimé cette première partie. La fin est ouverte, nous laisse imaginer ce que l’on veut. Mais elle recèle un espoir. Malgré son regard lucide et désenchanté sur l’existence, cet auteur n’abandonne jamais l’espoir, c’est l’une des choses que j’aime chez lui.

 

Les personnages

 

Le roman est centré sur les personnages d’Arthur et de Jeanine, que nous suivons tout au long du roman. Les deux sont cabossés, à leur manière, ils n’ont pas été épargnés par la vie dans leur enfance. Arthur est un homme bien, mais qui a si peu connu le corps des femmes que celui-ci peut parfois leur faire perdre la tête. Quant à Jeanine, elle rêve d’être aimée pour ce qu’elle est, et non pour ce qu’elle représente. Ils sont plutôt touchants, tous les deux.

 

L’écriture

 

Le style de Grégoire Delacourt continue à me plaire dans l’ensemble, même si j’ai regretté ici des digressions et l’emploi d’un vocabulaire parfois obscur pour tout un chacun. Par moments, ce roman m’a donné l’impression d’être un peu élitiste. Mais il y a une magie chez lui, une manière d’expliquer le monde avec des mots simples, qui continue à me toucher.

 

« Elle ne perd pas la tête, répliqua sèchement Jeanine Foucamprez. Sa tête est pleine de choses magnifiques pour lesquelles elle ne trouve pas les bons mots. C’est tout. »

« Il laissera les mots grandir en lui désormais, et elle pourra les cueillir. Il sait que les mots sont un champ et que l’ordre que leur donne le vent peut changer le monde.

 

 

En quelques mots…

 

Ainsi, c’est un roman qui, je le pense, fera des déçus, car il n’est pas touché par la grâce comme l’était « La liste de mes envies ». La première partie est poussive et superficielle, la seconde est grave, profonde et belle. Je ne veux pas juger trop durement cet auteur que j’aime, il doit être difficile d’écrire à nouveau après un tel succès. Une pincée de grosse tête, un livre écrit un peu trop vite, et la magie s’en va. Néanmoins, la seconde partie m’a prouvé que cet auteur a encore de belles choses à nous raconter. Je serai au rendez-vous de son quatrième roman, peu importe dans combien de temps il sortira.

 

Note : 2,5/5 pour la première partie

3,5/5 pour la seconde

 

Stellabloggeuse

 

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Ce roman fait partie du challenge :

 

ousontleshommes

 

Challenge « Où sont les hommes ? » : lecture n°44

 

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« Il n’y eut aucun mot qu’il ne comprit pas, mais leur ordonnancement l’émerveilla au plus haut point. Il eut alors un sentiment confus selon lequel des mots qu’il connaissait, emperlés d’une certaine manière, étaient capables de modifier la perception du monde. Saluer la grâce ordinaire, par exemple. Ennoblir la simplicité. Il goûta d’autres assemblages merveilleux de mots au fil des pages, au fil des mois, et pensa qu’ils étaient des cadeaux pour apprivoiser l’extraordinaire, si d’aventure il frappait un jour à votre porte. »

 

« Tu sais Arthur, si j’étais né dans les années 1920 et que j’étais devenu le mec de Marilyn Monroe, jamais elle se serait empoisonnée avec toutes ces conneries ; je le sais. C’est pas des footballeurs, des acteurs, des présidents, des auteurs prétentieux et des gens qui s’aimaient plus qu’elle qu’il lui fallait, non ; ce dont son cœur avait besoin, c’était d’un gars simple, honnête, qui aime les autres, un garagiste, un type capable de l’emmener en auto voir des jolies choses, de baisser la capote, de lui faire respirer l’air roux d’un bel automne, de lui faire goûter la pluie, les minuscules gouttes remplies de poussière, gonflées de vent, de lui tenir la main, sans la serrer, sans l’étouffer surtout, sans chercher à la baiser sur la banquette arrière, ouais, voilà ce que j’aurais fait avec Marilyn, et voilà pourquoi elle serait morte de vieillesse avec moi. »

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Mardi 7 mai 2013 2 07 /05 /Mai /2013 06:00

    Me revoilà pour un Top Ten Tuesday ! Ce rendez-vous a été initialement créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani.

 

TTT

 


Cette semaine, les bloggueurs vous présentent :

 

Les 10 livres qu'ils ont moins ou davantage apprécié que ce à quoi ils s'attendaient

 

 

Les déceptions

 

nosshead1 http://lavietellequellemepassionne.files.wordpress.com/2013/01/paradisesimoneelkeles.jpeg ladernièrelame buffys8t1   dombres-et-de-lumieres

 

1. Les étoiles de Noss Head, de Sophie Jomain

J'attendais beaucoup trop du premier tome de cette saga, d'où ma déception

 

2. Paradise, de Simone Elkeles

Un roman bien en deçà de sa saga "Irrésistible alchimie". En revanche le second volet a été, pour sa part, une bonne surprise, même si je ne l'ai pas fait figurer dans ce top.

 

3. La dernière lame, d'Estelle Faye

Une quatrième de couverture un peu trompeuse m'aura causé cette déception.


4. Buffy, saison 8

Je m'attendais à accrocher davantage, mais l'aspect "comics" ne m'a pasconvaincue

 

5. D'ombres et de lumières, de Lily Blackcherry

Un résumé prometteur mais un contenu plus que médiocre, dommage!

 

 

Les bonnes surprises

 

night school  defendre-jacob  insurgent  phaenix1   une-place-a-prendre

 

1. NightSchool, de CJ Daugherty

Je ne pensais pas être ainsi happée par l'histoire

 

2. Défendre Jacob, de William Landay

Moi qui ne suis pas très friande de policiers, j'ai été emportée par celui-ci

 

3. Divergent, tome 2, de Veronica Roth

Des avis mitigés sur ce second tome m'ont fait "peur", mais j'ai finalement beaucoup aimé !

 

4. Phaenix, de Carina Rozenfeld

La qualité de l'écriture de ce roman a été une excellente surprise

 

5. Une place à prendre, de JK Rowling

J'avais des appréhensions vis à vis de ce roman, que j'ai finalement a-do-ré !

 

 

Et vous ? Quels livres se sont révélés différents de ce à quoi vous vous attendiez ?

A bientôt pour un nouveau TTT !

 

Stellabloggeuse

 


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  • : Des romans entre deux mondes
  • Des romans entre deux mondes
  • : Ce blog de romans a été créé par Stellabloggueuse pour vous faire partager les lectures d'une jeune femme d'une vingtaine d'années. Un âge où le coeur balance entre littérature jeunesse et adulte. Ambassadrice de la collection eXprim', je lui réserve une place privilégiée dans mes commentaires. A travers mes modestes critiques de romans, j'espère simplement vous donner envie de faire quelques découvertes, et d'aller piocher dans tous les domaines. Pas de frontière dans le monde du roman!
  • : 27/12/2010
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